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mardi 25 octobre 2016

[Records de la nature] Les 5 animaux les plus dangereux au monde...

Bonjour à tous !
J'espère que vous avez le cœur bien accroché, car à l'approche de Halloween, je vous propose aujourd'hui d'aller à la rencontre des animaux les plus dangereux de la planète, et vous pourriez bien être surpris !
Je les classe en fonction de leur dangerosité, d'après l'échelle du Berserk (allant de 1 à 5 Guts) :

Attention, potentiellement mortel !
Pas un tueur, mais mieux vaut pas le provoquer.

Tueur en série !
Responsable de centaines, voire de milliers de morts chaque année.


            Massacreur de populations !
Capable d'anéantir des populations entières.


Génocidaire !
Avec lui, c'est l'espèce humaine qui est menacée.


Apocalypse !
C'est toutes formes de vie sur la planète qui sont menacées d'extinction.



5 - Le Tigre
Quand on pense aux félins dangereux, c'est sans doute le lion qui vous vient en premier à l'esprit. Première erreur, car c'est souvent la femelle, la lionne la plus dangereuse, le lion étant beaucoup plus paresseux, mais c'est le tigre qui remporte la palme*. Si l'époque où le tigre faisait des milliers de morts chaque année est révolue (on attribue à une tigresse surnommée la mangeuse d'homme de Champawat près de 500 victimes !!!), et malgré une population en pleine décroissance, on estime que les tigres font encore une cinquantaine de morts chaque année, essentiellement en Inde.

Tigre
 

4 - L'Hippototame
Derrière son air placide, l'hippopotame est en réalité un animal particulièrement agressif (défendant son territoire avec hargne), qui s'il vous charge ne vous laissera que peu de chance d'en réchapper. Un animal pouvant peser plus de 4 tonnes et courant à 30 km/h, ça fait du dégât. Il est aussi bien craint de l'homme que des autres animaux, même le crocodile ne s'y frotte pas. Il est en tête du classement des mammifères les plus dangereux au monde !

Hippopotame face à un homme courant pour sa vie (il s'en sortira)

 
3 - L'araignée
Si on se moque souvent à raison des personnes ayant une phobie des araignées, rappelant que ce n'est pas la petite bête qui va manger la grosse, il existe malgré tout quelques espèces d'araignées dont les venins parmi les plus puissants au monde en font des créatures bien effrayantes. Donc à tous ceux qui font les gros bras, comment réagiriez-vous devant une mygale ou une veuve noire ?


Veuve noire - Espèce d'araignée la plus meurtrière



2 - Le serpent
Dans la catégorie venin puissant, les serpents n'ont rien à envier aux araignées, mais la quantité injectée bien plus importante les rendent encore beaucoup plus dangereux. Le serpent à lunettes (Naja naja) de par sa proximité avec l'Homme (notamment, là encore, en Inde), son venin très violent et sa rapidité de frappe est particulièrement meurtrier. Le tricot rayé jaune (sisi, c'est son nom...) un serpent marin à quant à lui le venin le plus toxique au monde. On impute près de 100.000 morts 

Cobra indien - Naja naja



1 - Moustique
Oui, le moustique se place numéro 1 dans cette hiérarchie, car il transporte (c'est un vecteur selon le jargon scientifique) de nombreuses maladies, notamment le paludisme, le chikungunya, la dengue, zika... Rien que pour le paludisme, c'est  627 000 morts en 2012 !! Comme quoi, en plus d'être irritant, c'est un vrai tueur en série. Nous tenons notre champion.

Moustique tigre - ©James Gathany/CDC


Et vous quel animal vous fais le plus peur ?
Je sens que certains vont me dire le requin et être surpris de ne pas le voir dans ce classement, mais sa réputation est totalement usurpée, l'homme ne fait pas partie de son régime alimentaire, et il n'est responsable que de quelques morts par décennie (moins de dix). C'est donc l'un des animaux les moins dangereux au monde ! Incroyable non ?

Requin


---STOP---

Incroyable de bêtises oui ! J'espère que vous aurez perçu le côté parodique de ce classement putaclic, condensé des âneries que je lis ça et là sur les réseaux sociaux, où sous prétexte de faire du sensationnalisme, on en oublie toute rigueur scientifique.
Alors qu'est-ce qui ne va pas ?
Déjà ce n'est pas en rajouter des points d'exclamation et des termes-chocs (incroyable, génial, effrayant...) que le message devient une vérité. Malheureusement celui qui crie le plus fort a souvent le plus d'attention.
Pour le fond maintenant, il est difficile, voire impossible, de faire un classement objectif de la dangerosité des animaux. Beaucoup trop de questions méritent d'être soulevées.


Dangereux pour qui ?
Bon, là, c'est assez simple, on peut supposer que tous ces classements se basent sur la dangerosité sur l'homme.


Quels critères choisir ?
Si le nombre de morts annuels est un bon début  c'est objectif) c'est loin d'être parfait. Car l'un des animaux les mieux classés (outre l'Homme, j'y reviendrais) c'est le chien. Loin devant le requin. Pourtant, dire que le requin blanc est l'un des animaux les moins dangereux au monde est une bêtise sans nom (que j'ai vu sur une vidéo youtube...). Vous préfériez vous retrouver nez à nez avec un caniche ou requin blanc ? Hmmm, mauvaise formulation, c'est agaçant un caniche... Vous auriez moins peur devant un caniche ou un requin blanc ? Devant un caniche, j'espère. Évidemment certaines races de chiens sont beaucoup plus dangereuses, mais c'est surtout l'extrême proximité entre le chien et l'homme qui engendre tant d'accidents mortels chaque année. C'est évidemment un critère à prendre en compte dans la dangerosité d'une espèce. Et même ainsi, déclarer que parmi le million d'espèces animales découvertes, le requin blanc fasse partie des moins dangereuses, pardon, mais non, c'est trop...
De plus, il est très difficile de trouver des chiffres fiables (pour les serpents on navigue entre 20.000 et 100.000 morts par an, plutôt sympathique comme marge d'erreur). Ne soyez donc pas surpris si je ne me risque pas ici à donner de chiffres tant ils doivent être pris avec précautions.

Husky - Crédits photo (creative commons) : Andrew Pescod

La puissance du venin est également un critère objectif que l'on retrouve (rarement) utilisé dans ce type de classement. Bien sûr, ce critère ne permet de classer que les animaux venimeux, mais c'est déjà un bon début. Ainsi il existe un indicateur de puissance d'un venin, la DL50, ou dose létale médiane, soit la quantité de venin qu'il faut injecter à des individus pour que 50 % de ceux-ci décèdent (sympathique non ?). Vous vous doutez bien que l'on ne teste pas cela chez l'homme (volontaire ?), mais chez des rats ou des souris. Et l'on touche à une première limite de la méthode, car si l'homme dans son organisation interne, notamment son système nerveux (cible privilégiée des venins) est proche des souris et des rats (mammifères), on ne peut tout de même pas directement appliquer les résultats obtenus chez les rongeurs à l'espèce humaine (ne serait-ce que pour une évidence différence de masse). De plus si la puissance d'un venin est importante, deux autres facteurs entrent en jeu pour définir sa dangerosité : la quantité injectée (les serpents sont ainsi plus dangereux que les araignées) et l'existence d'un antidote rapidement accessible. Parmi les venins les plus dangereux du règne animal, citons celui de la méduse cubozoaire, Chironex fleckeri.  mais je ne vous cacherais pas que trouver les DL50 des animaux les plus dangereux, réalisés sur le même animal, selon le même protocole (par voie orale, injection par la peau...) c'est extrêmement compliqué. Peut-être une autre fois... Parmi les substances les plus dangereuses, citons tout de même l'acide botulique, dont dérive le botox.

 
Chironex fleckeri



Qui compare-t-on ?
Un peu de notions de classification ne fait pas de mal, il est important de comparer les espèces entre elles. Ainsi quel est le sens de comparer une espèce, le requin blanc (Carcharodon carcharias), ou une espèce constituée de multitude de races, le chien/loup (Canis lupus), avec les serpents, sous-orde des Serpentes, qui comprend plus de 3000 espèces. D'autant que ça a tendance à renforcer l'amalgame, que tous les serpents sont dangereux.


Qui est responsable ?
Parfois, souvent (je vous laisse juge) ce n'est pas l'animal qui est dangereux, mais le comportement inadapté de l'homme qui entraine le risque :
- La méconnaissance de l'animal et de son habitat (défense du territoire, protection des petits...)
- Comportement à risque (charmer un cobra, se baigner dans une plage non protégée (en Australie quant à faire)...)
- Irresponsabilité (mauvaise éducation des chiens, chiens abandonnés devenant errants...)

 
Qu'est-ce qu'un animal ?
Si la réponse parait évidente au premier abord, de nombreuses espèces sont inconnues du grand public et même les spécialistes ne connaissent pas les plus d'un million d'espèces animales décrites par l'homme. Mais parmi les espèces les moins connues (Branchiostoma lanceolatum, qui connait ?), peu présentent un danger pour l'homme. Le seul vrai écueil est de ne pas oublier d'inclure l'espèce humaine (Homo sapiens) dans le règne animal et ne pas oublier que les bactéries et les virus n'en font pas partie. 
Il est évident alors que l'Homme est numéro 1 dans le classement des espèces les plus dangereuses, que ce soit vis-à-vis des autres espèces, mais également d'elle même (meurtre, accident, guerre...) et sans doute celle qui a le plus de capacité à s'éradiquer elle-même (dérèglement climatique, risque nucléaire, santé (pollution, malbouffe, surconsommation d'antibiotique...)).

 
Adolf Hitler, plus grand meurtrier de l'histoire ?

Enfin, doit-on vraiment inclure les moustiques dans ce classement, eux qui ne sont que porteurs de virus, bactéries, protistes à l'origine de maladie mortelle ? Le moustique en lui-même n'est pas plus dangereux que cela et ne tue pas lui même. Idem pour la Mouche Tsé-Tsé que l'on voit également régulièrement dans ce genre de classement. À ce compte-là, on pourrait aussi dire que ce sont les infections liées aux morsures d'animaux (chien par exemple) qui provoquent la mort et non l'animal directement (au moins si vous vous faite piétiner par un hippopotame, la question ne se pose pas). Bref, inclure ou non le moustique dans ce classement se discute, pour ma part, je dirais plutôt non, même si je ne trouve pas gênant de l'y voir, si c'est bien expliqué, pour éviter les confusions. Mais surtout, à la lumière de cet exemple, on voit bien que le vrai danger ne vient pas des animaux, mais bien des maladies (bactéries, virus, prions et autres agents pathogènes) qui elles pourraient atteindre le niveau 4 de l'échelle de Berserk. Et le niveau 5 me direz-vous ? Je vous laisse deviner...

Yersinia pestis - Bactérie responsable de la Peste.


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*Sources :
Pour le top 5 :
Pratiquement aucune, tout juste un peu de Wikipedia pour les chiffres, à ne pas prendre pour argent comptant.
Pour le reste et pour aller plus loin (notamment, les chiffres que je me suis refusé à indiquer) :
http://www.who.int/fr/
Classification phylogénétique (Lecointre, Le Guyader) 
http://www.thelancet.com/
http://www.flmnh.ufl.edu/fish/isaf/worldwide-summary 
http://www.nina.no/archive/nina/pppbasepdf/oppdragsmelding/731.pdf
https://ccohs.ca/oshanswers/chemicals/ld50.html


dimanche 1 mars 2015

[Géologie/Biologie] 6 idées reçues à bannir pour briller en société

 Petit top 6 d'erreurs souvent entendues et qu'il est bon de venir corriger.


 6 -  Les champignons sont des végétaux.

Une erreur fréquente qui nous vient de la cuisine (vous verrez ce n'est pas la seule). Les champignons d'un point de vue culinaire sont souvent associés aux légumes, mais pas d'un point de vue biologique.
Ainsi la phylogénie (qui étudie les ressemblances entre espèces pour établir des parentés entre celles-ci) a établit qu'une partie des champignons appartenant au règne des Fungi (l'essentiel des champignons connus du grand public) font partie du groupe des Opistochontes (partagent ancestralement de la chitine comme macromolécule de structure et un flagelle propulseur en partie postérieur de la cellule) dans lequel on retrouve également les Chaono-organismes comme les animaux. Les champignons ont donc plus à voir avec les animaux qu'avec les végétaux.

Classification simplifiée des êtres vivants.
  
De plus, le terme champignon regroupe d'autres espèces (Oomycètes par exemple) qui ne font pas partie des Fungi et qui se classent à divers endroits de la classification, on dit que le groupe est polyphylétique et n'est donc pas acceptable en phylogénie (étude des parentés entre les espèces).
Il en va de même pour les poissons, les reptiles (il faudrait y inclure les oiseaux), les invertébrés, les végétaux (si on tente d'y inclure les algues)...

5 - La peste est transmise par les rats.

Rat (Rattus norvegicus)

J'adore les rats et je ne peux les laisser accuser de la plus grande épidémie que l'espèce humaine est connue. Lors de la peste noire, épidémie ayant décimé près de 50 % de la population européenne (les données sont moins nombreuses, mais les proportions doivent être similaire en Asie) soit 25 millions de personne entre 1347 et 1351, la maladie était provoquée par une bactérie, Yersinia pestis, capable d'infecter l'espèce humaine et de provoquer des complications très graves (pestes bubonique, pneumonique et septicémique). Ce sont des puces qui peuvent contenir cette bactérie et par morsure la transmettre à l'espèce humaine. Puces vivant sur les rats mais aussi d'autres rongeurs et lagomorphes (lapins).
Autre erreur à propos de la peste, il est bon de savoir que la peste noire n'est pas le nom d'un maladie mais de l'épidémie entre 1347 et 1351, tout comme on a nommé la peste de Justinien entre 541 et 767. Les noms de la maladies sont selon les cas : Peste bubonique, peste septicémique et peste pneumonique.

Photo de Yersinia pestis vu au microscope électronique à balayage (la barre noir correspond à 1 micron).

4 - Le Mont Blanc est le plus haut sommet d'Europe.

Le Mont Elbrouz, stratovolcan au sud de la Russie, dans le Caucase (5642m)
C'est flatteur de placer le toit de l'Europe en France, mais c'est un peu présomptueux. Les hauts sommets étant des structures géologiques (montagnes issues de la convergence entre deux plaques tectoniques ou volcans), il est bon de délimiter l'Europe selon ces critères géologiques et géographiques. L'Europe est donc bordée par des océans (Atlantique et Arctique) et des mers (Méditerranée, Noire...), sur terre, elle est séparée de l'Asie par des chaines de Montagnes témoins de l’existence dans le passé de plaques tectoniques distinctes qui sont entrées en collision. La chaine de l'Oural et celle du Caucase. Et justement dans le Caucase, un volcan, le Mont Elbrouz culmine à 5 642 m, soit près de 800m de plus que le Mont Blanc. Il s'agit donc du plus haut sommet de l'Europe et donc également le plus haut volcan.

Carte géologique de l'Europe, cliquez pour l'agrandir et repérer la position du Mt Elbrouz.



Allons plus loin ! Ces chaines de montagnes étant le témoin du rapprochement passé d'anciennes plaques tectoniques, elles en ont formé une unique, la plaque Eurasienne. Il faudrait donc plutôt parler de continent Eurasiatique et le plus haut sommet serait donc logiquement l'Everest (8 848 m). 

Face Nord de l'Everest by Luca Galuzzi (Lucag)
 3 - La tomate n'est pas un légume mais un fruit.

Une phrase que l'on entend souvent et qui fait son petit effet dans les repas entre amis, mais qui est fausse. Il faut séparer les définitions de fruits et de légumes selon leurs domaines d'utilisations.
En biologie, un fruit est un organe protégeant la graine. Selon cette définition, la tomate est un fruit. Toujours en biologie, un légume est le fruit (sisi) d'une famille de plante appelée légumineuses (les fabacées selon la nouvelle nomenclature).

Fruit (gousse) des fabacées.
En biologie, la tomate n'est donc pas un légume mais un fruit. (je me contredit ?) Mais partant de là, les haricots verts sont des fruits et des légumes, la pomme de terre n'est pas un légume mais un tubercule, la carotte une racine, la salade une feuille... Il n'y a donc pas de raison de sortir la tomate de la définition de légume et d'y laisser tant d'autres éléments tout aussi faux.
 
L'artichaut est une inflorescence (capitule) récoltée avant la floraison

En cuisine, les fruits sont des aliments végétaux, généralement sucrée. De cette définition est donc exclus les fruits biologiques non comestibles (capsule de la tulipe, samare de l'érable, akène de pissenlit...). On y rajoute également des organes qui ne sont pas des fruits d'un point de vue biologique mais qui peuvent en être en partie composée, comme la fraise, qui est un ensemble de fruits (des akènes, les petits points jaunes) insérés dans une chair rouge (un réceptacle floral modifié). Ou la pomme où le fruit biologique se limite au trognon.
En cuisine toujours, les légumes sont des parties comestibles de la plante qui entre dans la composition d'un plat salé. Cela peut être des racines (carotte), des tubercules (pommes de terres), des bulbes (oignons), des tiges (céleri), des fruits (haricots verts)... Ainsi selon cette définition, la tomate est bien un légume. A noter que la cuisine se permet plus de liberté que cette définition ne le laisse entendre. Ainsi des légumes peuvent entrer dans la composition de plat sucrée et les fruit dans des plats salés.
Bref, dans le langage commun, ce n'est pas une erreur de dire que la tomate est un légume et la fraise un fruit, alors n’hésitez pas !

2 - Le pingouin ne vole pas.

Une confusion toute bête qui vient d'un problème d’étymologie.

Bob, un manchot empereur (Aptenodytes forsteri)

Bob est un manchot, qui se dit penguin en anglais. Il ne vole pas et il en est fait référence dans les kinder penguin, la série d'animation Pingu, ou encore le pingouin dans Batman qui donc en réalité un manchot.

Alfred le pingouin (Alca torda)

Alfred, lui est un pingouin (auk en anglais), de la famille des Alcidae (comme le macareux ou le guillemot) et seul représentant vivant du genre Alca, et il vole très bien. La preuve en image.

Pour ne pas se tromper et être compris internationalement, chaque espèce est nommée par un nom de genre et d'espèce (nomenclature binomiale de Linné) : 
Le Pingouin se nomme Alca torda et le Manchot Royal (pour ne citer que lui) Aptenodytes patagonicus.


Pingu est un manchot.
 1 - L'homme descend du singe.

Une double erreur symptomatique de l'incompréhension du grand public vis-à-vis de la théorie de l'évolution.

Vision de l'évolution de l'espèce humaine
Cette phrase sous entend que l'homme, à l'origine un singe, c'est extrait, en évoluant, de ce groupe, pour donner quelque chose de nouveau (pour ne pas dire mieux, plus évolué, ou sommet de l'évolution et autres bêtises...). Non, l'homme fait partie du groupe des primates stricto-sensu et possède donc un certains nombres de caractéristiques propres à ce groupe (le pouce opposable, la présence d'ongle plat et la position des orbites). L'homme est un singe.
Deuxièmement, en observant les images qui découlent de cette erreur, on constate une autre confusion qui ferait des singes actuels nos ancêtres (très proche pour le bonobo, beaucoup plus éloigné pour le Tarsier). Là encore, pas du tout, nous partageons avec ces animaux un ancêtre commun, mais cet ancêtre commun n'est pas plus apparenté avec le Tarsier qu'avec l'Homme.

Classification des primates par H. Le Guyader et G. Lecointre
J'en profite pour corriger une erreur fréquente qui fait du bonobo (Pan paniscus) le plus proche parent de l'espèce humaine au détriment du chimpanzé (Pan troglodytes). Or, ces deux singes font partie du même groupe (le genre Pan) séparé de la ligne humaine vers 4.4 Millions d'années. Ces deux espèces ont donc connu 4.4 millions d'années d'évolution séparée de la branche humaine et sont donc aussi proches parentes de l'homme (Homo sapiens) l'une que l'autre. 

dimanche 11 janvier 2015

[Top 5 : Eruptions volcaniques majeures] Conclusion

Récapitulatif du Top 5 :

Numéro 5 - Eyjafjallajökull - 2010
Numéro 4 - Nevado Del Ruiz - 1985
Numéro 3 - Vésuve - 79
Numéro 2 - Krakatoa - 1883 - Tambora 1815
Numéro 1 - Laki - 1783

Conclusion :

Les éruptions volcaniques font parties des manifestations les plus impressionnantes de l'activité interne de notre Terre qui, de tout temps, ont fasciné et terrifié l'homme, et sont à l'origine de mythes et légendes, comme le géant Surtur qui embrasera le monde lors du Ragnarök dans la mythologie nordique et dont le nom est associé aux volcans en Islande (île volcanique de Surtsey, les tunnels de lave de Surtshellir). Mais il est bon de relativiser ces chiffres en les comparant avec d'autres catastrophes naturelles ou non.
> Tunnel de lave de Surtshellir (Caverne de Surtur) dans l'ouest de l'Islande.
© Benjamin Mollier

Depuis l'éruption du Laki en 1783, on estime que les éruptions volcaniques ont entrainé la mort d'environ 250 000 personnes, chiffres comparables au bilan des séismes les plus meurtriers :
Haiti - 2010 (Magnitude 7.0-7.3  sur l'échelle de Richter) : 230 000 morts
Océan Indien - 2004 (Tsunami lié à un séisme de magnitude 9.1-9.3) : 230 000 morts
Tangshan (Chine) - 1976 (Magnitude 7.6-7.8) : 250 000 morts (officiellement)
Shaanxi (Chine) - 1556 (Magnitude autour de 8) : 830 000 morts
On peut également mettre en relation ces chiffres avec la seconde guerre mondiale et ses 73 000 000  de victimes. Ou encore aux morts causées par les grandes épidémies. La peste noire entre 1347 et 1351 qui a emporté entre 40 et 50 % de la population européenne, la variole causant la mort de 300 000 000 de morts pour le seul 20ème siècle...

Les risques liés aux éruptions dépendent de différents facteurs.
- La violence de l'éruption (quantité de magma, échelle VEI) et des phénomènes associés (Nuées ardentes, lahars...) ainsi que la probabilité que ces phénomènes surviennent. On parle de l'aléa lié aux éruptions.
- Les populations potentiellement touchées et leurs réactions face au risque. On parle d'enjeu.
C'est la somme de ces deux facteurs qui établit le risque associé aux volcans, principe également applicable à n'importes quelles catastrophes naturelles. Ainsi, l'éruption du Novarupta en 1912 en Alaska, évaluée à 6 sur l’échelle de VEI et produisant des nuées ardentes, a un aléa élevé, mais un enjeu quasi nul, ayant lieu dans une région non peuplée. Au contraire de l'éruption du Nevado Del Ruiz, d'un aléa modéré, mais meurtrières à causes de la population installée dans les environs et l'absence de réaction des autorités au moment de l’éruption (enjeu très élevé). 
C'est le même constat qui permet d'expliquer la différence entre le bilan du séisme de Haïti (Magnitude 7.0-7.3 - 230 000 morts) et celui au Japon en 2011 (Magnitude 9 - 20 000 morts et disparus principalement liés au tsunami et non au séisme lui même). La population japonaise étant bien mieux préparée aux séismes et bénéficiant d'installations plus solides et adaptées aux risques sismiques.

> Dégâts provoqués par le séisme de Haiti en 2004.


Si on s’intéresse en détail aux éruptions et aux phénomènes associés, on constate des conséquences à court et long terme :
- A court terme - Coulée de lave, Nuée Ardente, Pluie de pierres ponces... (conséquence directe) et Lahar, Tsunami (conséquence indirecte)
- A long terme - Changement climatique (entrainant des famines) lié à la projection de cendres et de gaz dans l'atmosphère.

Si on fait le bilan depuis 1783 de ces 230 000 morts, on obtient cette répartition :


Plusieurs constats apparaissent à l'observation de ce diagramme. Le phénomène provoquant le plus de morts pendant cette période est une conséquence indirecte du volcanisme liée aux modifications du climat. Or ce pourcentage est obtenu avec seulement 2 éruptions (Laki et Tambora), de plus nous avons vu que ce chiffre pour le Laki est sans doute très sous évalué (puisque ne concernant que les Islandais). Ce qui montre que les éruptions mettant en jeu les plus grandes quantités de magma sont potentiellement les plus meurtrières (pas réellement une surprise). C'est pour cette raison que les systèmes volcaniques qui ont par le passé libérés des quantités phénoménales de magma sont très surveillés et font souvent l’objet de scénarios catastrophes, comme le parc Yellowstone, qui lors de ces 3 dernières éruptions il y a 2.1, 1.3 et 0.7 millions d'années a dégagé respectivement une quantité de téphras de 2500 km3, 280 km3 et 1000 km3 à mettre en perspective avec les 110 km3 du Tambora. On peut citer également le "récent" Taupo qui libérait 2800 km3 de téphras il y a 26 500 ans. 
 > L'éruption du Taupo a entrainé la formation d'une Caldeira, remplit maintenant par le plus grand lac de Nouvelle Zelande (616 km2)
On peut également citer, sur des échelles de temps beaucoup plus longues, de véritables complexes volcaniques capables d'extruder des quantités considérables de magma, recouvrant d'immenses surfaces par la lave, formant des régions appelées provinces ignées, ou trapps lorsqu'ils sont sur terre (trapp signifiant escalier en suédois), capables de changer durablement le climat et entrainer des extinctions massives d'espèces sur Terre. Citons en quelques unes pour les comparer avec les supervolcans tels le Yellowstone.

 - La province ignée nord-atlantique, dont l'Islande est la partie émergée, a été surtout active entre 62 et 54 millions d'années et a recouverte une surface de 1,3 millions de Km2 (2 fois la France) par un volume de 6,6 millions de Km3.
- Les trapps du Deccan en Inde, formés lorsque l'Inde est passé par dessus le point chaud de la réunion, débutant il y a 65 millions d'années et qui fut longtemps considérés comme le coupable de l'extinction des dinosaures. 2 à 3 millions de Km3 de laves ont recouvert une surface là encore grande comme deux fois la France.
- Les trapps de Sibérie qui en seulement 1 million d'années ont produit une quantité estimé entre 1 à 4 millions de Km3 et qui pourraient être à l'origine de la plus grande extinction de l'histoire de la Terre, qui a décimé 95% des espèces marines et 70 % des espèces continentales il y a 250 millions d'années (crise entre le Permien et le Trias).

> L'érosion par les glaciers, en formant les Fjords d'Islande (ici Seyðisfjörður), a rendu visible les différentes couches de laves les unes sur les autres (strates) formant en apparence un escalier (trapp). © Benjamin Mollier

Mais derrière ces éruptions ou ces suites d'éruptions potentiellement catastrophiques, il ne faut pas négliger les éruptions plus modestes mais plus fréquentes, qui sur une échelle de temps courte, sont les plus meurtrières. Une nuée ardente n'a pas besoin d'éruptions gigantesques pour provoquer des milliers de morts, les lahars dépendent de la géographie du volcan plus que de l'intensité de l'éruption. Il est donc capital de continuer à bien étudier les volcans et d'évaluer risques pour prévenir et éduquer la population et ainsi sauver des vies.

Sources :

*Volcanologie, 4ed, JM Bardintzeff
*A Stratigraphical Basis for the Anthropocene publié par C.N. Waters,J.A. Zalasiewicz,M. Williams,M.A. Ellis,A.M. Snelling 
*Geochemical Fingerprinting of Volcanic Airfall Deposits: A Tool in stratgraphic correlation Par Soumava Adhya
*Microtextural analysis of the 934 A.D. Eldgja and 1783-84 Laki tephra: patterns of vesiculation and fragmentation for explosive basaltic eruptions : B. Sellers , B.F. Houghton , T. Thordarson
*NEAR AND FAR-FIELD EFFECTS OF TSUNAMIS GENERATED BY THE PAROXYSMAL ERUPTIONS, EXPLOSIONS, CALDERA COLLAPSES AND MASSIVE SLOPE FAILURES OF THE KRAKATAU VOLCANO IN INDONESIA ON AUGUST 26-27, 1883 - George Pararas-Carayannis
*Magma volume, volatile emissions, and stratospheric aerosols from the 1815 eruption of Tambora S. Self,1 R. Gertisser,1 T. Thordarson,2 M. R. Rampino,3 and J. A. Wolff4

*http://earthice.hi.is/eruption_eyjafjallajokull_2010
*http://planet-terre.ens-lyon.fr